Il existe un fossé important entre la communication politique de la droite rosnéenne et la réalité, telle qu'elle découle de ses choix et de ses investissements en matière économique, sociale ou simplement réglementaire depuis 36 ans.

Premier exemple sur l’éducation. Affichée sur papier glacé comme LA priorité du mandat, la construction et la rénovation des écoles arrive bien tardivement. La majorité municipale (LR+UDI) n’a pas anticipé les besoins en équipements scolaires alors que les nouveaux immeubles se multiplient et accueillent des enfants à scolariser.

Classes surchargées

Dans nombre d'écoles rosnéennes, les parents d'élèves assistent impuissants à une dégradation croissante des conditions de réussite des enfants : les classes sont surchargées, les bâtiments vieillissants et de moins en moins adaptés au changement climatique. Certes le groupe scolaire des Boutours est une belle réussite immobilière, mais elle est saturée.

Et elle a coûté très cher : faute d'anticipation, il a fallu modifier la première école maternelle pour l'adapter aux élèves du primaire et transformer le marché de construction récente en école maternelle. Un vrai gaspillage de ressources publiques…

Équipements vieillissants

La majorité municipale vante ses deux éco-écoles, mais elle ne peut cacher les problèmes que rencontrent parents et enseignants sur d'autres groupes scolaires. À Henri Mondor, il a fallu la mobilisation des parents d'élève pour obtenir la fermeture du « chalet », une annexe vieille de 50 ans remplie d'amiante. Le comble a été atteint à la rentrée 2019, avec les problèmes de propreté à la maternelle Felix Eboué du groupe scolaire Bois Perrier.

Depuis septembre, l’équipe éducative et les parents d’élèves alertent la municipalité sur la présence de déjections de souris dans les dortoirs et les salles des jeux. Une situation qui aurait nécessité une intervention urgente des services municipaux. Mais rien ne vient… À la maternelle Kergomard, les parents d'élève réclament des mesures régulières de la qualité de l'air intérieur car le bâtiment est situé au bord de l'A86. Là aussi, silence totale de la majorité municipale…

Extension absurde de Rosny 2

Autre exemple, l'urbanisme. Dévoilé ces derniers mois, le projet d’extension du centre commercial Rosny 2, soutenu par Claude Capillon, le maire LR et Macron compatible de Rosny, est en parfaite contradiction avec les enjeux climatiques, l'assurance d'un aménagement urbain protecteur de l'environnement - sans cesse renouvelée par le maire - et la préservation des commerces du centre-ville. Les nouveaux restaurants et commerces à Rosny 2 pèseront à coup sûr sur la pérennité des commerces rosnéens de proximité.

Claude Capillon en sa qualité de président du territoire Grand Paris Grand Est, présente cet agrandissement du centre commercial comme une opportunité de création d'emplois et de dynamisme économique. "De la pipe", comme dirait le président de la République. On sait à Rosny, ce qu'il advient des perspectives de créations d'emploi grâce à un centre commercial.

Promesses non tenues

Avant la construction de Domus, Claude Pernès - alors maire de Rosny - avait multiplié les promesses en ce sens. Les déconvenues ont été nombreuses pour les rosnéens ayant présentés leur CV. La plupart des emplois de vendeurs ont été pourvus par des personnes d'expérience habitant hors de la communes. Il est d'ailleurs significatif que les services de la mairie n'aient jamais proposé de bilan chiffré sur ce point.

Par ailleurs, les consommateurs n'ayant qu'un portefeuille - de moins en moins bien rempli pour nombre d'entre eux - ce qu'ils achètent à Rosny 2 est un manque à gagner pour d'autres magasins situés ailleurs. Cette migration de chiffre d'affaires ne peut que se traduire par des suppressions d'emploi dans d'autres centres commerciaux ou des fermetures de magasins de proximité… A commencer par ceux du centre ville de Rosny.

Plus d'attention pour les habitants

Enfin, cette extension de 80.000 m2 commerciaux supplémentaires (complétée par un immeuble de bureaux avec 108 places de parking) engendrerait une hausse du trafic routier de 10 % à 16 %. De quoi augmenter la pollution de l’air, avec ses effets néfastes pour la santé des habitant – surtout les enfants et personnes âgées. Alors que le projet d’Europacity vient d’être abandonné pour des raisons écologiques à Gonesse, il serait raisonnable de décider d'un moratoire sur l'extension du centre commercial Rosny 2.

Il serait surtout temps que la commune de Rosny commence à réfléchir concrètement à son adaptation au réchauffement climatique. Mais pour ce faire, il faut une vision politique plus large et plus attentive aux besoins des habitants que celle de la majorité libérale et conservatrice actuelle…