Le maire LR de Rosny-sous-Bois se réjouit de voir le gouvernement prendre enfin en compte les handicaps de notre département, mais il se garde bien de rappeler que du temps où il était conseillé général (2004 à 2015), il ne ménageait pas ses critiques envers l'exécutif départemental accusé de dilapider un budget pléthorique. Il ne reconnaissait pas alors « les nombreuses défaillances de l'Etat en Seine-Saint-Denis » qu'il déplore aujourd'hui.

Les pleurs d'un élu favorisé

Avant tout, Claude Capillon ne veut surtout pas que sa commune soit confondue avec l'ensemble du territoire séquano-dyonisien. « Il existe de gros contrastes entre certaines villes, parfois voisines », indique-t-il pour ensuite préciser que « ces différences sont le fruit de politiques locales mises en œuvre par les maires, pour leur population, depuis plusieurs décennies ».

Autrement dit, moi je fais du bon boulot à Rosny-sous-Bois… Sauf que le premier édile de Rosny oublie l'évolution paysagère de sa commune, la multiplication des grues et chantiers, la transformation de quartiers pavillonnaires en zones d'immeubles blockhaus de 6 étages et la fuite en avant vers toujours plus de béton pour empocher les taxes sur les constructions.

S'il se dit satisfait du plan gouvernemental concernant les mesures en matière de santé, d'éducation, de justice ou de fidélisation des fonctionnaires expérimentés Claude Capillon déplore notamment que « Le plan bénéficiera à des communes qui disposent déjà de la majeure partie des aides étatiques ». Et de préciser que les « villes équilibrées » seront mises de côté.

Réduction des logements très sociaux

Plainte étonnante pour un élu qui constate par ailleurs que « la population du département cumule difficultés sociales, économiques et culturelles ». On peut critiquer le plan gouvernemental pour notre département, mais pas le fait que les mesures exceptionnelles soient dirigées vers les populations qui en ont le plus besoin. Or Rosny-sous-Bois ne fait pas partie des communes hébergeant un grand nombre d'habitants très modestes.

Depuis 20 ans, Claude Capillon et l'Uram (LR + UDI) ont réduit le nombre de logements sociaux rosnéens en PLAI (prêt locatif aidé d'intégration). C'est-à-dire ceux destinés aux ménages cumulant difficultés financières et sociales. A l'inverse, ils ont fait construire des logements sociaux en PLS (prêt locatif social) ou PLUS (prêt locatif à usage social) destinés aux classes moyennes, aux logements pour étudiant ou aux personnes âgées.

Logique donc que Rosny-sous-Bois, qui sous couvert de mixité sociale a chassé une partie de sa population pauvre au rythme de sa rénovation urbaine, ne touche pas les aides destinées aux communes abritant un grand nombre de ménages très modestes.

Fausse bonne gestion

Le maire de Rosny-sous-Bois se vante d'appliquer « à la lettre la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (loi SRU) » et de « construire 25% de logements sociaux. Ni plus, ni moins. » Il veut ainsi donner des leçons de bonne gestion aux communes dont la part de logements sociaux se monte parfois à 50% ou 70% des logements.

Se faisant, il feint d'ignorer que les logements sociaux de ces communes sont anciens (50 ans et plus). Ils ne sont pas issus d'une politique récente de construction à tout va. Il oublie également de dire que si tous les maires de Seine-Saint-Denis imitaient sa politique, nombre de familles très modestes de la petite couronne ne trouveraient plus à se loger et devraient s'exiler en grande banlieue.

Une droite égoïste et cynique

En réalité, Claude Capillon ne veut pas assumer la politique du logement menée par la droite rosnéenne depuis près de 38 ans. Elle se résume à un seul objectif : construire un ghetto de riches. C'est la raison pour laquelle le prix du m2 ne cesse d'augmenter sur la commune depuis 20 ans. Pour atteindre des sommets dans les projets neufs qui fleurissent un peu partout (plus de 5000 euros le m2).

Et le maire de Rosny de demander une loi pour sanctionner les communes dont le taux de logements sociaux dépasse 50%. Car, explique-t-il : « construire trop de logements sociaux n'est pas une preuve de solidarité. Au contraire, on concentre sur un même territoire des habitants qui statistiquement rencontrent plus de difficultés économiques et sociales ».

Un discours digne d'une droite égoïste qui n'empêche pas Claude Capillon de finir sur une note faussement œcuménique en expliquant « qu'il était temps que les pouvoirs publics prennent précisément la mesure de tous les dysfonctionnements importants et injustes auxquels sont confrontés » les habitants et les élus de Seine-Saint-Denis… Un grand numéro de cynisme politique… Eric Béal