"Paris vaut bien une messe", aurait dit le futur Henry IV, avant de se faire couronner roi de France en la cathédrale Notre-Dame. Et bien à une échelle plus modeste, Claude Capillon a dû se dire que Rosny valait bien une conversion au macronisme… Certes, il n'est pas le premier élu issu de LR à prendre cette décision. D'autres n'ont pas attendu le fiasco des élections européennes pour franchir le rubicon et caresser les patrons de la République en marche dans le sens du poil pour se se faire adouber. Mais ce qui est cocasse avec le maire de Rosny-sous-Bois, c'est la comparaison avec ses positions antérieures.

Les revirements macroniens

Le Canard enchainé (voir document attaché) rappelle cette semaine que notre premier édile a été un adversaire virulent du président de la République et de LREM. Pendant la campagne présidentielle, le 3 mars 2017 précisément, Claude Capillon reprochait sur son blog au futur président d'être devenu la "bouée de sauvetage des opportunistes". Il le traitait "d'éolienne qui nous pollue" et allait jusqu'à l'accuser de servir "une potion hallucinatoire" aux électeurs, en précisant que celle-ci était faite de "slogans vides et de petites phrases sans cohérence." Sans compter qu'il accusait Emmanuel Macron d'être "adepte des "revirements" et d'une "idéologie bancale".

De Bellamy à Macron

Il est tout aussi remonté quelques mois plus tard à propos de la politique menée par le Président. Il regrette en particulier que les élus locaux soient "ignorés, ridiculisés ou tourmentés". Le 24 janvier 2019, il remet ça en dénonçant un chef de l'Etat qui "ignore les français, isole les corps intermédiaires, méprise les élus" dans un virulent billet qui annonce un "Grand Débat" organisé dans sa mairie quelques semaines plus tard… Rappelons également qu'à la veille des élections européennes, Claude Capillon a fait partie des 803 maires qui ont soutenu la liste conduite par François-Xavier Bellamy… Sauf que le premier magistrat de Rosny-sous-Bois n'a pas été suivi par ses électeurs et s'est pris une sacrée déconvenue lorsque la liste LR a recueilli 7,4% des bulletins dans sa commune. Alors que LREM récoltait 22% des voix…

Curieusement, alors qu'il invitait ses administrés à aller voter pour l'Europe, Claude Capillon s'est bien gardé de commenté les résultats obtenus par son candidat favori.

Retournement de veste

Que reste-t-il à faire pour un maire dont l'image s'est dégradée au fur et à mesure que les chantiers de construction se multipliaient sur le territoire de sa commune ? Pour s'accrocher à son siège, pour garder le pouvoir et accessoirement les facilités matérielles qu'il peut offrir, Claude Capillon s'est dit qu'un petit retournement de veste était nécessaire… Et voilà comment Pierre-Olivier Carel, représentant local du Modem qui rêve de devenir "calife à la place du Calife" et se situe dans l'opposition à la majorité LR + UDI en place, se trouve devant la perspective de devoir soutenir celui qu'il critique depuis des années. A moins qu'il ne choisisse de partir en campagne de nouveau sans étiquette…

Idéologie bancale

Le Canard Enchainé qui sort cette information dans son numéro du 11 septembre 2019 conclut l'article de belle manière : Seuls des esprits tordus pourraient voir là, comme l'écrivait naguère Capillon, l'ombre d' "un revirement", d' "une idéologie bancale", ou accuser LREM de servir de "bouée de sauvetage" aux "opportunistes"