Je suis militant écologiste. J'ai un point de vue sur certaines choses - pas sur tout - et je sais le défendre, mais j'apprécie également de recevoir des critiques et analyses différentes des miennes… A condition qu'elles soient cohérentes et avancées par des gens prêts à échanger des arguments.
Mais je refuse de m'entretenir avec un interlocuteur anonyme et qui désire le rester… Or voici ce que j'ai reçu sur la messagerie de mon téléphone, en fin de matinée de ce dimanche 13 janvier 2019 (les fautes d'orthographe sont de l'auteur) :

Bonjour. Je viens de lire votre tribune sur le Rosny Mag. Comment peut-on écrire de telles inepties et après, être crédibles? Vous vous couvrez de ridicule à longueur de mots. Cela est fâcheux! Le kérosène n'est pas le carburant des riches, mais de ceux qui voyagent pour faire connaissance avec d'autres contrées et enrichir leur esprit. Le jaune est la couleur des casseurs de grève. Le début des gilets jaunes, c'est la limitation à 80 kms/heure sur les départementales. Révisez vos emportements avant d'écrire. L'écriture engage celui qui écrit. Et le lecteur se fait forcément une certaine idée de votre diatribe, qui ne plaide pas actuellement en votre faveur. Ceci étant, vous avez peut être raison d'écrire ainsi. Mais c'est quand même un tantinet agaçant. Cordialement. P. B.


Un anonyme qui me donne son numéro

C'est un monsieur qui s'exprime, car il n'a pas pensé à occulter son numéro. Il s'agit du 06 82 31 42 .. ! Je ne révèle pas les deux derniers chiffres de son numéro de téléphone car je vais respecter son "anonymat" ;-) Plus sérieusement, je ne voudrait pas qu'il soit victime de coups de fil "anonymes" car il exerce une profession qui lui demande de recevoir du public… Mais ayant fait appeler son numéro par une amie, je sais qui il est…

Argumentation erronée

Sur le fond : Comme le dit Yannick Jadot, le kérosène est bien le carburant des riches touristes européens (notamment) qui ont les moyens de se payer un séjour à l'étranger. Certes, c'est l'occasion de découvrir d'autres contrées, personnes, cultures, paysages… Mais ça n'est pas donné à tout le monde.

Il faut être sacrement aveugle ou ignorant pour oublier qu'une bonne partie des français ne part pas en vacances. A Rosny, la municipalité permet aux enfants qui ne partent pas de goûter un peu aux "vacances" grâce à l'opération Rosny plage. Les photos du site de la mairie prouvent qu'ils sont nombreux.

Certes le jaune en langage syndical est bien le terme péjoratif qui désigne un syndicat favorable au patron. Mais en politique, le jaune est attaché au libéralisme. C'est la couleur adoptée par le Parti libéral fondé en 1859 au Royaume-Uni. Comme le rouge a été adopté par le parti communiste. Comme le rose est socialiste, le noir anarchiste, le blanc royaliste, etc…

Enfin, la limitation à 80 km/h a bien été critiquée par nombre de gens, surtout en province. Mais les gilets jaunes ont commencé à envahir les ronds points après l'appel à manifester - envoyé sur FaceBook le 10 octobre 2018 - de deux chauffeurs routiers qui entendaient protester contre les nouvelles taxes sur les carburants.

Bref, mon critique aurait dû vérifier ses informations avant de m'envoyer son texte de façon "anonyme". Mais je me refuse à polémiquer avec un inconnu et je réponds ceci :

Bonjour, beaucoup de leçons données de façon anonyme : aucune valeur à mes yeux. Ayez d'abord le courage de présenter vos critiques à visage découvert et nous pourrons échanger des arguments. Bonne journée. Eric Béal

Il me renvoie immédiatement un nouveau message :

Ce ne sont pas des leçons données, mais une relecture de votre tribune. C'est un travail littéraire, en quelque sorte. Vous allez recevoir une volée de bois vert de la part du maire, que vous auriez pu éviter. Et vous faire moquer. Moi, ça ne me dérange pas, c'est pas moi qui prend, mais vous!😊  Revoyez "Le Président". Gabin et Audiard. 1961. Ça matche encore aujourd'hui. Je reste discret car tél est mon intérêt. Bonne journée. P. B.

Aucune explication

Le "travail littéraire" de M. X manque un peu de style. Mais bon… Je note sans étonnement qu'il ne m'offre aucune explication pour justifier ses critiques sur mes "inepties". Le passage sur "la volée de bois vert" que je devrais recevoir du maire me fait sourire. D'abord parce que je suis blindé depuis longtemps sur les remarques désobligeantes envoyées par les militants de l'URAM. Auxquelles je sais répondre.

Et ensuite, parce que Claude Capillon - malgré ses qualités personnelles - n'est pas un aussi bon débatteur que son prédécesseur, Claude Pernès, lequel avait de la répartie et réussissait souvent à rendre son opposition muette à force de moqueries et de roueries.

Un peu d'énervement

Mais j'ai la faiblesse d'être agacé par autant de candeur et de certitudes mélangées. C'est pourquoi je me fends d'une réplique un peu brutale :

Tel est votre intérêt en effet car vos arguments sont faiblards et il est plus confortable de critiquer de manière anonyme. Vous me faites de la peine... avec de beaux esprits comme vous, le monde court à la catastrophe et notre société à la guerre civile. Je vous prie de garder vos commentaires pour vous. Je n'ai pas de leçon à recevoir d'un olibrius sans courage.
Quant aux commentaires du maire... je les attends de pied ferme. Dans la polémique, il est encore moins doué que vous...

Et c'est l'apothéose d'une réplique déconcertante :

Tiens tiens, le ton monte? Redescendez sur Terre, Monsieur. La politique n'est pas ma nourriture spirituelle. Je mange pas de ce pain là. Bon appétit, Monsieur. Adieu Monsieur.

Que voulez-vous répliquer à cela ? Autant mettre un terme à ce dialogue de sourds. Une précision cependant : mon activité d'élu et de militant écologiste ne me rapporte rien, je ne mange donc pas de ce pain là, moi non plus. Mais je n'ai pas de critique sur le fait que les élus soient payés. Les responsabilités d'un maire d'une commune de 47.000 habitants comme Rosny-sous-Bois sont énormes et il est normal de le rémunérer correctement pour ce travail

Démocratie et polémiques

Fort heureusement, les avis - pas assez nombreux - que je peux recevoir sur mes prises de position ou les textes publiés dans le magazine de Rosny sont généralement plus solidement argumentés. Je suis toujours prêt à débattre calmement avec un-e citoyen-ne n'ayant pas les mêmes positions que les miennes. Pour peu que l'écoute soit réciproque et les arguments avancés de part et d'autres pris en compte.

Car il y a toujours quelque chose à (ap)prendre de l'échange. Ne serait-ce que des idées plus claires sur son propre point de vue, grâce aux arguments (re)trouvés pour répondre à ceux d'en face. Je tire même un certain plaisir à ce genre d'échange.

Mais j'apprécie assez peu les échanges aigres-doux que des militants politiques de bords opposés peuvent avoir pendant les campagnes électorales, dans la rue au cours d'une distribution de tracts par exemple. En général, le niveau de l'argumentation n'est pas terrible. A Rosny-sous-Bois, je me suis souvent retrouvé à répondre à des attaques en dessous de la ceinture de la part de militants de l'URAM (LR & UDI). C'est "le jeu" à Rosny-sous-Bois comme ailleurs.

Grand débat citoyen

Alors je fais front et cherche systématiquement à envoyer une remarque assassine pour déstabiliser l'adversaire et abréger l'échange. Tout en ayant parfaitement conscience de la puérilité et de l'inutilité de l'exercice. Mais c'est un fait : se laisser marcher sur les pieds devant du public n'est pas la meilleure façon de donner envie aux gens de prendre votre document et d'écouter votre point de vue.

Je sais donc envoyer des "punchlines" ou phrases chocs en bon français. Je prends également un certain plaisir à révéler ce que je crois être de l'hypocrisie, de la malhonnêteté intellectuelle ou de l'ignorance dans certaines positions adoptées par la droite rosnéenne. Différents articles de ce blog en attestent. De même que certaines de mes interventions en conseil municipal. Mais je suis convaincu que, pour bien fonctionner, la démocratie a besoin de débats honnêtes et éclairants qui donnent envie aux citoyens de s'exprimer dans les urnes.

Et j'espère que Claude Capillon, en tant que maire de Rosny-sous-Bois, a pris la peine de réfléchir à l'organisation du Grand débat voulu par le Président de la République. Il ne faut pas rater cette occasion unique de permettre aux citoyens de s'exprimer en ayant une chance - même infime - d'être entendus…

Eric Béal, conseiller municipal