La fin d’année 2018 a vu le jaune envahir l’espace. Les ronds points de province comme les Champs Elysées à Paris. Les chaines d’information continue et les Unes des journaux. Traditionnellement associée au libéralisme en politique, cette couleur des gilets portés par dessus les manteaux s’est transformée en symbole d’une révolte générale contre la galère, l’injustice et l’indifférence des élites. Certes, le mouvement des « gilets jaunes » rassemble divers mécontents : retraités modestes, salariés pauvres, demandeurs d’emploi, élus de communes rurales, petits patrons. Jusqu’aux xénophobes qui profitent de l’attention des médias pour rappeler leurs idées nauséabondes. Mais les derniers sondages de 2018 montrent qu’une large majorité des français rejette l’injustice fiscale, l’accroissement des inégalités, la destruction lente mais inexorables des services publics ou la persistance de la grande pauvreté.

Les inégalités mènent au chaos

Notre économie n’a jamais créé autant de richesses mais les réformes sociales adoptées à la libération par le Conseil National de la Résistance ont été peu à peu démantelées. Toute proportion gardée, notre société ressemble à celles des années 1930 en Europe, terreau des régimes dictatoriaux, de la montée de l’intolérance et de la guerre. Les images de casseurs cagoulés, de véhicules blindés sur la place de l’Étoile, de magasins vandalisés et de répression aveugle rappellent par leur violence qu’une société « civilisée » peut rapidement tomber dans le chaos si le gouvernement et plus généralement les élus, oublient qu’ils sont au service des citoyens avant d’être au service de l’économie et des possédants.

L’écologie rime avec justice sociale

Même ceux qui opposent « les fins de mois » à « la fin du monde » et demandent l’abandon pur et simple des taxes sur les produits pétroliers, ne sont pas majoritaires. Les gilets jaunes se sont initialement levés devant les augmentations de 7 centimes sur le diesel et de 4 centimes sur l’essence prévues au 1er janvier 2019. Mais l’indignation s’est rapidement déplacée sur l’inégalité devant l’impôt et même le fonctionnement de notre démocratie. L’absence de taxe sur le kérosène - carburant des riches qui prennent l’avion - et le cynisme des discours politiques qui justifient la « fiscalité écologique » pour lutter contre la détérioration du climat ne passent plus, alors qu’une partie importante du produit de la taxe sur les carburants alimente le budget général de l’État. Les marches pour le climat de décembre dernier ont vu nombre de gilets jaunes répondre à l’invitation des « gilets verts » et défendre l’idée que justice sociale et défense du climat étaient liées.

Reste à remettre les priorités budgétaires et fiscales dans le bon ordre pour espérer un apaisement. Que ce soit au niveau de l’Etat comme au niveau local. Sur ce point, nous reviendrons sur le budget 2019 présenté par la droite (LR + UDI) à Rosny-sous-Bois. En attendant, les écologistes rosnéens et les élus du groupe Rosny écologique et solidaire vous souhaitent une excellente année 2019.

Eric Béal