Depuis 2014 et le début du mandat en cours, la majorité municipale (LR & UDI) prétend avoir "un temps d'avance". Mais en réalité la droite locale a plutôt un temps de retard en matière d'adaptation au changement climatique et de développement durable. Certes, Claude Capillon, maire LR de Rosny-sous-Bois met en avant le début de réalisation de l'éco-quartier des Coteaux Beauclair derrière le centre commercial Domus. Espérons seulement que ce quartier ne finisse pas comme celui de la Mare Huguet (près de la gare SNCF de Rosny-sous-Bois).

Éco-quartier de façade

Mal conçu, mal planifié (le groupe scolaire prévu a été déplacé faute de financement pour dépolluer suffisamment le site) et mal financé, le site de la Mare Huguet n'a d'éco-quartier que le nom. En dépit des récompenses accordées par un jury régional, ce quartier n'a jamais obtenu le label d'Eco-Quartier décerné par le gouvernement depuis 2008.

Un groupe scolaire remarquable par sa conception et les matériaux utilisés a également été construit. Les écoles maternelle et primaire des Boutours sont effectivement un bel exemple de bâtiment durable, constitué de murs en bois - paille très isolants qui leur permettent d'utiliser peu d'énergie pour se chauffer. Et un autre bâtiment du même type va être construit sur le groupe scolaire du Bois Perrier. Mais ces deux réalisations prestigieuses cachent l'absence d'une politique cohérente qui permettrait à Rosny d'entrer dans l'ère de la modernité écologique.

Isolation insuffisante dans les autres bâtiments…

La ville de Rosny gère neuf écoles maternelles et sept écoles élémentaires. En dehors des écoles nouvellement construites, peu d'entre elles ont bénéficier des aménagements nécessaires pour améliorer l'isolation des bâtiments. Là où cela a été effectué, comme à l'école élémentaire Jean Mermoz, seule la façade Sud a été remplacée. Les autres ne bénéficiant pas d'une bonne isolation, le confort des enfants n'est pas parfait en hivers. De manière générale, il n'y a pas de plan d'amélioration des bâtiments scolaires et des locaux municipaux les plus anciens.

Construite en 1964, la mairie est une passoire à énergie qui aurait besoin d'une isolation extérieure efficace… Sans compter la possibilité de transformer les toits communaux en centrale de production d'électricité, grâce à l'installation de panneaux solaires. Mais rien n'a été entrepris depuis 36 ans que l'Uram (Union rosnéenne d'action municipale qui rassemble la droite locale) gère la commune.

Manque d'incitation pour le tri des ordures

Dans les rues, les écoles ou les parcs, nous n'avons pas de poubelle publiques permettant de séparer les plastics, cannettes, cartons, papiers et même verres à recycler des autres déchets destinés à être brûlés ou enfouis. Ce n'est pourtant pas compliqué ni cher d'investir dans des doubles poubelles afin d'inciter les rosnéens à trier. Des doubles poubelles dans les écoles permettraient d'habituer les enfants aux gestes écologiques qui deviennent indispensables pour diminuer notre emprunte carbone. Ce genre d'équipement existe cependant à quelques exemplaires, mais ils sont sortis uniquement pour les grands évènements, comme les portes ouvertes de la ferme pédagogique.

De même, dans un nombre croissant de communes, le calcul du montant de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères dépend du poids des déchets non recyclés évacués par les familles. Une façon d'inciter les familles à trier correctement ou à utiliser un composteur. Mais à Rosny, rien n'est proposé dans ce sens par la majorité municipale. La Municipalité a pourtant engagé des "ambassadeurs de tri" (en CDD), mais il semble que cette initiative ait tournée court. Manque de conviction politique sans doute… Fin 2018, le site officiel de la commune n'en parle plus.

Retard sur les pistes cyclables

Depuis un peu plus de six mois, Je ne rate pas une occasion d'interroger Claude Capillon en séance du conseil municipales sur la réflexion en court concernant les aménagements cyclables indispensables pour permettre aux rosnéens qui le désirent, d'utiliser ce moyen de transport, non polluant, silencieux et très économe en place de parking. De l'aveu du maire de Rosny, cette réflexion dure depuis trois ans. Et il semble qu'elle ne soit pas encore aboutie puisque le budget prévu sur ce sujet en 2019 s'élève à 65.000 euros. Une misère ! Or la municipalité a entrepris depuis environ deux ans d'enfouir les réseaux d'électricité, communication Internet et éclairage public qui enlaidissent nos rues. Ce qui la plupart du temps oblige en fin de chantier à refaire la chaussée à neuf.

J'ai déjà expliqué dans un autre texte que la loi LAURE obligeait les communes qui rénovent leur voirie à installer des aménagements cyclables - piste séparée de la chaussée, pistes tracée sur le côté, signalétique visualisant l'autorisation accordée aux vélos de rouler à contre-sens, espace leur permettant de se positionner devant les voitures au feu rouge, etc - pour favoriser l'utilisation de la bicyclette sur de petits trajets. Mais le maire de Rosny n'applique pas la loi et il a fallu que je le menace d'une action devant le tribunal administratif pour obtenir une réponse claire sur l'aménagement de piste dans les rues qui bénéficieront de l'enfouissement des réseaux en 2019 (voir le détail ici).

Absence de panneaux solaires

Alors qu'un nombre croissant de maires - comme ici en Bretagne - signent des conventions avec une entreprise privée pour équiper les toits de leurs locaux de panneaux solaires, ou réunissent des financements locaux - comme à Loos en Gohelle -pour investir dans la production d'électricité solaire, la droite rosnéenne reste les bras ballants. Elle se retranche derrière la centrale de production de chaleur par géothermie, inaugurée en décembre 2016. Comme si la production de chaleur interdisait la production d'électricité… Une situation d'autant plus regrettable que deux ans après son inauguration, le réseau connait quelques soucis. Des habitants du Bois Perrier se plaignent encore de ne pas avoir assez chaud dans leur appartement.

Un parc naturel… grâce aux écologistes

Après bien des remarques désobligeantes et des moqueries, il a fallu que les écologistes rosnéens menacent d'aller contester le PLU devant le tribunal administratif pour forcer le maire de Rosny à les recevoir. Objectif de la réunion qui s'est tenue en juillet 2016, lui présenter notre projet et lui faire comprendre que l'aménagement prévu du parc du plateau d'Avron n'était pas raisonnable : totalement artificiel, il transformait radicalement le site près de la ferme pédagogique et détruisait la faune et la flore sauvages qui s'y étaient développées depuis une quarantaine d'années. De plus, il aurait coûté cher à réaliser et son entretien aurait été également couteux. Nous lui avons fourni informations nécessaires et coordonnées d'un cabinet spécialisé. Nos arguments ont fini par porter. Le second projet nous convient mieux : il respecte la nature en place tout en ouvrant des espaces verts au public.

Une déchetterie pour quoi faire ?

La déchetterie de Rosny-sous-Bois ne fonctionne pas de façon satisfaisante. Un grand nombre d'objets reçus finissent enfouis dans une décharge au lieu d'être restaurés dans une ressourcerie - ce qui crée des emplois - et revendus à prix réduit. Il faut revoir son fonctionnement et développer une activité économique avec l'aide d'une association spécialisée… comme par exemple La petite rockette.

Pour aboutir à des résultats concrets et significatifs, l'écologie et le développement durable demandent de l'imagination, de la conviction et de la volonté politique. Tout ce qui manque à l'Uram et Claude Capillon dans ce domaine.

Eric Béal