Des travaux de réfection des chaussées sont conduits sur la commune depuis avril 2017. Ils ont commencé dans le quartier Rosny Sud, la rue Victor Hugo a par exemple été réaménagée fin 2017. Ces dernières semaines, c'est la rue Paul Cavaré qui subit un "lifting". Le plus souvent, ces réaménagements font suite à des travaux d'enfouissement des réseaux d'électricité, de l'éclairage public, de téléphone et de câble Internet menés par le Sipperec (Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour les énergies et les réseaux de communication). Parfois, les choses traînent en longueur, la rue de la Côte des Chênes attend depuis plusieurs mois que l'on s'occupe d'elle. Mais, suite à la délibération du conseil municipal de mars 2017 - voir le document explicatif ci-joint - c'est toute la commune qui devrait voir disparaître ses réseaux aériens disparates. Une excellente chose.

Aménagements cyclables obligatoires

Malgré tout, quelque chose ne va pas. En effet, la loi LAURE (Loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie) stipule (article L228-2) que :

« A l’occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines, à l’exception des autoroutes et voies rapides, doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants, en fonction des besoins et contraintes de la circulation. L’aménagement de ces itinéraires cyclables doit tenir compte des orientations du plan de déplacements urbains, lorsqu’il existe. »

La ville de Rosny-sous-Bois a donc l'obligation de penser à des aménagements permettant une utilisation plus sécurisée de la bicyclette. Or, depuis que l'enfouissement des réseaux aériens a commencé, les rues rénovées sont nombreuses, mais les aménagements cyclables se font attendre. La majorité municipale (LR + UDI) a pourtant le choix. Il peut s'agir de pistes cyclables, d'aménagements de voirie plus légers ou de signalements sous forme de peinture au sol. Car la loi ne précise pas comment une collectivité locale doit répondre à son obligation en la matière, mais dans tous les cas, elle doit agir.

La sécurité des cyclistes rosnéens

J'ai posé plusieurs fois une question en Conseil municipal sur le sujet. Claude Capillon m'a renvoyé une lettre rassurante (voir document joint) expliquant que "la ville de Rosny-sous-Bois a décidé de mettre en place (un plan vélo), véritable outil de planification qui permettra de développer un "système vélo" à l'échelle de notre commune, au travers d'un réseau d'aménagements cyclables maillé et sécurisé". Le hasard faisant bien les choses, suite aux interventions de ma part en conseil municipal, la chaussée de la rue Victor Hugo a finalement reçu des "pictos" au sol représentant un cycliste sur son vélo. Une modification bien tardive après son réaménagement.

En ce mois de novembre 2018, c'est la rue Cavaré qui a achevé sa mue, avec également des pictos au sol. La question qui se pose est de savoir si ces dessins au sol, suivis d'une flèche, sont un début de concrétisation de ce que le maire appelle "un réseau sécurisé". Personnellement, je ne vois pas en quoi le nouvel aménagement sécurise le cycliste qui empreinte la rue Cavaré, puisqu'il roule toujours avec les voitures dans son dos… et que la vitesse des véhicules n'est pas limitée à 30 km/h. Mais il s'agit peut-être, là encore, d'un oubli qui pourra être réparé plus tard…

Trois ans de réflexion

Après m'avoir présenté les objectifs de son futur "plan vélo", le maire m'explique dans sa lettre que "l'élaboration du Plan vélo va se poursuivre dans les prochains mois en associant le Conseil local de développement durable comme cela a déjà été engagé au travers de plusieurs séances depuis 2015 (…)" ! Il faut donc plus de trois ans au maire LR et à sa majorité pour décider et mettre en place un plan vélo… Je ne savais pas qu'il était si compliqué de favoriser les mobilités douces dans une commune qui incite officiellement ses habitants à utiliser leur vélo par l'intermédiaire d'une charmante fourmi et d'un site dédié au développement durable.

Comme l'explique la présidente de la Fondation pour la nature et l'homme (FNH), Audrey Pulvar, le vélo est bien plus rapide que la voiture en ville sur toutes les distances de quelques centaines de mètres à six kilomètres. Il est par ailleurs bien meilleur pour la santé. Il est même prouvé que l'on respire moins de polluants en ville sur un vélo que dans l'habitacle confiné d'une voiture… Alors qu'est-ce qu'on attend à Rosny-sous-Bois ?

E. B.