Nous voulons un parc différent. Un espace naturel dans lequel les espèces sauvages de fleurs, d’insectes, d’oiseaux et de mammifères – sédentaires ou migratrices – puissent trouver un écosystème adapté pour prospérer ou se reposer avant de repartir. Comme elles le font aujourd’hui. Cela implique un aménagement minimum du milieu naturel. A l’image de la gestion écologique des espaces verts parisiens ou du parc des Beaumonts de Montreuil.

Des fleurs et animaux rares
Nous voulons un endroit où les rosnéens et les rosnéennes pourront partir à la découverte d’animaux et de plantes sauvages absents des autres parcs de la commune ou des jardins privés, travaillés de façon intensive. Les naturalistes se sont intéressés depuis longtemps à cet espace. Ils ont relevé de nombreuses espèces sauvages de fleurs et d’insectes d’intérêt patrimonial, dont certaines, comme l’orchidée sauvage « Himantoglossum hircinum » ou le papillon Flambé « Iphiclides podalirius » qui est protégé en Ile-de-France. Et d’autres comme le crapaud accoucheur ou la rousserolle verderolle qui prospèrent grâce aux conditions créées par l’exploitation historique d’une carrière de gypse.

Des richesses naturelles reconnues
L’intérêt de cette flore et de cette faune sauvage est reconnu par le législateur puisque la friche du plateau d’Avron, située à côté de la « Ferme pédagogique » est protégée par les mentions Natura 2000 et Zone d’intérêt écologique floristique et faunistique (Znieff). Une partie du site était également protégée par la mention « Espace boisé classé » ou EBC, jusqu’à ce que la majorité (LR + UDI) du conseil municipal de Rosny la retire, pour autoriser l’aménagement du site et permettre le bouleversement des sols sans tenir compte de la biodiversité existante.

Des protections légales
Car initialement, le projet de Claude Capillon et de l’Uram (LR + UDI) – toujours présenté sur le site Internet de la mairie de Rosny-sous-Bois - consiste à réaliser un parc « Decesari » bis. Avec la constitution de buttes artificielles, d’espaces de jeux, de routes et de pelouses bien coupée, de fleurs plantées et replantées en fonction des saisons. Ce projet ne respecte pas les protections légales du site du plateau d’Avron. Les écologistes ne se reconnaissent pas dans sa philosophie qui consiste à « artificialiser » la nature… ce qui en réalité aboutie à chaque fois à l’appauvrir.

Des produits dangereux pour la santé
Par ailleurs, ce remaniement  important de la topographie des lieux met en danger l’environnement et la santé des visiteurs. En effet, l’ancien exploitant de la carrière de gypse qui possédait encore une grande partie de la surface de la friche (voir article sur Une polémique stérile), c’est à dire le groupe Lafarge par l’intermédiaire de sa filiale QQQ, a comblé les galeries souterraines avec n’importe quoi. Des déchets de chantier, mais aussi des bidons contenant des résidus de pétrole, de vieilles huiles ou des produits chimiques. On trouve aussi des métaux lourds dans le sous-sol de la friche du plateau d’Avron. Tous ces produits sont très dangereux pour la santé humaine. Il est important d’éviter tout risque de pollution.

La prudence est incontournable
Or dépolluer entièrement le site coûterait une fortune. Dans ces conditions, chambouler le site pour réaliser les aménagements prévus par le projet de l’Uram constitue un danger qu’un élu responsable ne devrait pas faire courir à ses administrés. La solution consiste à retirer les produits dangereux les plus faciles d’accès et laisser les autres où ils sont. Des dégâts sur la nappe phréatiques sont malheureusement déjà irréversibles. Mais le plus important est de ne pas chambouler le site pour éviter de disséminer les produits. Le projet des écologistes de Rosny-sous-Bois répond parfaitement à cet impératif.

L’aveuglement de l’Uram
Au cours du conseil municipal de mars 2016, Eric Béal, seul élu écologiste de Rosny-sous-Bois, a présenté toutes les raisons de revoir le projet et protesté contre le non respect de la loi. Mais la majorité municipale n’a pas voulu remettre sa décision et a voté le PLU qui contenait son projet de parc en l’état. Un aveuglement qui a conduit l’élu écologiste à présenter un dossier contestant le PLU auprès du tribunal administratif de Montreuil en Mai 2016. Selon la procédure, la municipalité de Rosny-sous-Bois avait quelques mois pour présenter ses arguments. Pour le moment, le tribunal attend toujours sa réponse.

Un coût minimum
Pourtant le projet alternatif que défendent les écologistes rosnéens coûte beaucoup moins cher que celui de Claude Capillon et de l’Uram. Les travaux d’aménagement sont beaucoup plus légers et un parc naturel n’a pas besoin de beaucoup d’attention de la part des jardiniers. Il se contente d’une gestion douce, : fauche des prairies et conservation des buissons et des arbustes dont les fruits servent de nourriture à de nombreux oiseaux.

Des promesses, mais rien de concret
Début juillet, ses arguments ont de nouveau été présentés au maire – à son invitation - lors d’une réunion de travail sur le sujet. Oh surprise, notre premier édile a admis que son projet présentait quelques faiblesses et indiqué qu’il souhaitait le revoir pour réaliser un parc naturel. Les trois militants écolos présents ont souligné que la région Ile-de-France subventionne fortement l’aménagement et même le fonctionnement des parcs naturels. Des aides sont en effet possibles pour recruter des guides de Nature afin d’aider les visiteurs à découvrir les espèces vivant sur les lieux. Nous avons été jusqu’à donner des informations pour permettre aux services municipaux de trouver les experts capables de prendre tous les problèmes techniques en charge. Mais pour le moment, rien ne bouge.

Texte publié dans l'Ecolo News Rosny Novembre-Décembre 2016