Les élus locaux les mieux intentionnés peuvent faire des erreurs. En particulier lorsqu'ils ne sont pas à l'écoute de leurs concitoyens. Les exemples existent de maires, présidents de conseil général ou de conseil régional qui décident d'un aménagement du territoire en concertation avec des « spécialistes ». Sans s'inquiéter le moins du monde de l'avis des habitants. C'est ainsi que les écologistes et tous les citoyens qui contestent les aménagements coûteux et inutiles de l'aéroport de Notre Dame des Landes ou du barrage de Sivens, ont été obligés d'occuper ces « zones à défendre » pour empêcher la destruction du milieu naturel, au service des intérêts économiques des entreprises de BTP, du lobby agricole ou des aménageurs

Des élus sourds et aveugles

Ce faisant, ces élus oublient une chose : même issue des élections, leur légitimité n'est pas infaillible. Avant d'engager l'avenir de leurs concitoyens, ils pourraient prendre leur avis, comme la loi du 13 août 2004 leur en donne la possibilité. Ce texte autorise les collectivités territoriales à consulter leurs habitants avant de prendre une décision. Ils pourraient également organiser un référendum local et appliquer le choix de la majorité des électeurs. Ils préfèrent rester sourds et aveugles, plutôt que d'entendre et voir la volonté de leurs concitoyens. Ce déni de démocratie peut expliquer le manque d'intérêt d'un nombre croissant de personnes pour les rendez-vous électoraux.

Un manque de démocratie locale

Claude Capillon, le maire UMP de Rosny-sous-Bois n'a jamais songé à interroger ses concitoyens sur les évolutions urbanistiques qu'il prévoit. Certes, il propose des réunions de « concertation »… sans aucune concertation. Les « conseils de quartier » n'existent pas partout. Et leur fonctionnement est loin de répondre à des critères démocratiques : la mairie choisit les participants selon des critères très flous ; le public peut assister aux séances mais n'a pas le droit à la parole. La prochaine révision du Plan local d'urbanisme va permettre la multiplication des immeubles de six étages dans des zones pavillonnaires. Le conseil municipal de décembre en débattra, mais il est effarant de constater que les rosnéens n'auront jamais eu la possibilité de s'exprimer démocratiquement sur l'évolution de leur cadre de vie.

Parlant de la primaire interne à l'UMP, Jean-François Copé indiquait en juin 2013 : « A l'UMP, nous apprenons la démocratie. C'est assez nouveau. » A Rosny, cette nouveauté n'a visiblement pas été acceptée. Elu par un petit quart des électeurs inscrits, Claude Capillon et sa majorité UMP décident seuls de notre avenir. Sans état d'âme… E.B.