Certaines décisions de gestion d'une majorité municipale permettent, plus que d'autres, de juger de ses engagements. Lors du conseil Municipal du jeudi 22 mai, le point 45 de l'ordre du jour en fut un bel exemple.

Il s'agissait, pour l'assemblée, d'autoriser monsieur le maire à prendre toutes les décisions nécessaires au renforcement de l'isolation de locaux municipaux. Une bonne idée à priori. Il s'agit d'un espace de 437 m2, situé au 24 rue Claude Pernès, juste en amont de de l'hôtel de ville. Ce local est au rez-de chaussée d'un immeuble que Verrecchia, un promoteur très actif sur la commune, vient d'achever.

Car le hic, c'est qu'il s'agit d'un immeuble neuf que Claude Capillon et l'Uram (UMP et UDI) ont choisi de prendre :

"sans façade, afin de pouvoir maîtriser le niveau d'isolement thermique et ainsi permettre de limiter l'impact financier des augmentations régulières du coût des énergies", (extrait de la présentation destinée aux conseillers municipaux).

Autrement dit, l'immeuble neuf que le promoteur vient d'achever, n'est pas assez isolé, de l'aveu même du maire actuel. En toute logique, il faut en conclure que Claude Schmierer, l'ancien premier adjoint délégué à l'urbanisme, a signé un permis de construire sans s'assurer que le promoteur présentait un projet digne de la politique de développement durable, constamment mise en avant par la municipalité.

Cela ne constitue pas une surprise. Nous avons déjà eu l'occasion de remarquer que le développement durable de la municipalité de Rosny-sous-Bois était plus souvent l'objet de déclarations de bonnes intentions que de mesures concrètes. Mais c'est la première fois que l'Uram en fait la démonstration éclatante…

A l'inverse, les maires convaincus de la nécessité de diminuer notre consommation d'énergie pour sauvegarder le climat, exigent des promoteurs des engagements précis sur la qualité du bâti final et la qualité des matériaux utilisés. Techniquement, il est déjà possible de réaliser des bâtiments "passifs", qui produisent autant d'énergie qu'ils en consomment. Mais il faut une vraie volonté politique au départ pour permettre aux futurs propriétaires ou locataires de réaliser de substantielles économies sur le chauffage et l'eau chaude… E.B.