Le vote Europe Ecologie, pour changer la gauche
Par Eric le mardi 9 mars 2010, 22:57 - Actualité politique - Lien permanent
A leurs «amis socialistes ou sympathisants qui hésitent», ces anciens du PS, aujourd'hui militants ou candidats Europe Ecologie, proposent le 14 mars «un vote utile, de conviction, pour engager la transformation écologique de l'économie de nos régions». Un texte publié par vingt-trois anciens militants du parti socialiste sur le site http://www.mediapart.fr.
A quelques jours du premier tour des élections régionales, le paysage
particulier de ce scrutin émerge : les Français expriment une
défiance à l'égard des responsables
politiques de droite comme de gauche. Cette défiance apparaît si forte
qu'elle les détourne du vote, ou bien les conduit à vouloir marquer fortement
leur rejet de la politique menée depuis 2007 par le
Président de la République et son gouvernement, en utilisant
la gauche classique pour s'exprimer. Pragmatiques, les Français se servent du
système politique tel qu'il est et d'un mode de scrutin dont la relative
opacité ne concourt pas à légitimer l'institution régionale, pour donner un
coup de barre à gauche, dans le sens inverse de 2007.
En effet, force est de constater que les listes socialistes ne
convainquent ni par la portée de leur projet ni par son adéquation avec les
attentes des Français, mais simplement du fait qu'elles sont là ... comme «
bouclier » face à la politique de la droite.
La victoire annoncée, et massive, de la gauche est-elle
annonciatrice des changements qu'attendent nos concitoyens ? Rien n'est moins
sûr : le projet des listes socialistes est en
effet la poursuite des actions menées dans le précédent mandat, le prolongement
d'un bilan.
Cette victoire permettra-t-elle de tourner la page de l'incapacité de la gauche
à incarner une alternative ? Rien n'est moins sûr : le PS
n'est pas redevenu en six mois la force politique porteuse d'espoir qu'il a
d'ailleurs cessé d'être depuis bientôt dix ans.
Les ferments de la division qui caractérise le PS à travers le
choc des egos plutôt que celui des idées ont-ils disparus au
cours de cette campagne ? Evidemment non, ils ont simplement été habilement mis
de côté par une direction et un appareil confrontés au risque de perdre gros
dans l'élection régionale. Déjà, ici et là, la poussée de la préparation de la
bataille pour l'investiture présidentielle se fait
sentir.
Mais la victoire annoncée de la gauche dans l'ensemble des
régions ouvre une perspective : celle d'offrir un sens à notre vote le 14 mars,
pour qu'il dépasse le simple rejet de la politique de
la droite. Au vote utile pour éviter le retour de la droite, il est
maintenant possible de substituer un vote utile, de
conviction, pour engager la transformation écologique de
l'économie de nos régions, pour changer la gauche
afin de poser le socle de l'alternative que nous voulons à
l'occasion de l'alternance que nous souhaitons en 2012.
Nous avons été, jusqu'il y a peu, militant(e)s, responsables politiques ou
élu(e)s socialistes. Nous en avons toutes et tous conservé un profond
attachement et un grand respect pour cette
famille et son histoire. Mais nous avons vécu avec tristesse les
reniements, les débats stériles et les
sempiternelles querelles qui se sont multipliées ces dernières
années. Nous avons également souffert du conformisme dans les
idées et de la volonté de quelques-uns d'enterrer toute perspective de
rénovation. La situation interne reste
bloquée au Parti socialiste et n'est pas de nature à favoriser
une réflexion collective apaisée et renouvelée, condition impérieuse pour
définir un nouveau projet de société apportant des réponses
pertinentes et enthousiasmantes aux défis sociaux, économiques et
environnementaux du 21e siècle.
C'est pourquoi nous avons choisi de rejoindre la dynamique d'Europe
Ecologie et de nous y engager, forts de notre culture et de notre
histoire politiques, de nos convictions en matière de
solidarité, de justice,
d'ouverture et de tolérance. Convaincus
qu'elles trouveraient à s'exprimer pleinement dans l'écologie politique. Nous
avons trouvé chez Europe Ecologie une vivacité, une énergie,
un bouillonnement d'idées et d'envies. Une richesse
extraordinaire créée par la rencontre de femmes et d'hommes en provenance
d'horizons politiques, culturels et
personnels variés, assumant dans le même temps leur
originalité et leur communauté de luttes et d'idées : celle de l'écologie
politique.
A l'image du socialisme qui avait émergé avec la révolution industrielle,
l'écologie politique, qui aborde notre monde sous tous ses
aspects, environnementaux, sociaux, économiques ou culturels, s'impose
aujourd'hui comme la clef à la fois
méthodologique, pratique et intellectuelle
d'une gauche en plein renouveau. Appuyée sur un diagnostic
sans complaisance de la crise sociale,
économique, financière,
environnementale et institutionnelle que nous
affrontons, l'écologie politique propose un projet
volontariste, solidaire et généreux,
remet l'humain au principe et au cœur de l'action publique et
réhabilite l'intérêt général. Elle se fonde enfin sur une
conviction profonde et résolument déterminée : nous pouvons changer
l'ordre des choses ; nous pouvons, ensemble, agir
!
Certain(e)s d'entre nous sont candidat(e)s sur les listes Europe Ecologie ;
d'autres militent activement pour défendre les projets régionaux. Tous, nous
échangeons, débattons, discutons et réfléchissons avec vous.
Vous hésitez encore ? Disons le sans ambages : alors que la victoire de la
gauche est aujourd'hui quasiment acquise, la question qui se pose, maintenant,
enfin, est : que voulons-nous faire de cette victoire ? Nous
appuyer sur elle pour engager concrètement les
transformations qui sont à la portée des régions, pour
changer la vie des Françaises et des Français ? Nous appuyer
sur elle pour changer la gauche et défier la droite avec de
vraies chances de l'emporter en 2012 ? Nous appuyer sur elle
pour inventer et mettre en œuvre une nouvelle gouvernance des
collectivités ?
Un soutien massif à Europe Ecologie le 14 mars rendra tout cela possible.
Signataires :
Farid Ben Malek* (75), ancien président de Rénover Maintenant Paris
Fabrice Berrahil* (33), conseiller municipal de Marions
Yann Berthomé (82), ex delégué fédéral communication fédération PS du
Tarn-et-Garonne
Marianne Boulc'h* (94), ancienne conseillère municipale de Créteil
Jean-Jacques Boyer (82), ancien trésorier de la fédération PS du
Tarn-et-Garonn
Nicole Eschmann* (71), ex-responsable socialiste, tête de liste Europe-Ecologie
pour la Saône-et-Loire
Agnès Gaubert (75), ex candidate PS aux municipales sur la liste Delanoë
Daniel Greco (78), ex membre du conseil fédéral des Yvelines (78)
Michelle Greco (78), ex membre du conseil fédéral des Yvelines (78)
Dominique Jourdain* (02), maire de Château-Thierry de 1989 à 2008, ancien
président des Eco-Maires (02)
Nathalie Kaufmann (75), conseillère régionale d'Ile-de-France
Jean Lacassagne (24), ex responsable Désirs d'avenir
Jean-Jacques Lejeune (91), conseiller régional d'Ile-de-France
Robert Lion* (75), Ancien DG de la CDC, ancien adhérent PS (1974-2008), tête de
liste EE Paris
Eric Loiselet* (52), ancien secrétaire national adjoint du PS à
l'environnement
Alexandre Marsat (33), ex secrétaire fédéral au développement durable de la
fédération de Gironde
Janine Maurice-Bellay* (93), conseillère régionale d'Ile-de France
Jean-Marc Pommier (78), maire de Bonnières-sur-Seine, vice-président de la
communauté de communes des Portes-de-l'Ile-de-France, membre du conseil fédéral
des Yvelines
Stéphane Prat (94), conseiller municipal d'Ivry-sur-Seine, ex-PS
Alain Ramos (93), conseiller municipal Gauche socialiste du Blanc-Mesnil
Andréa Soubie-Duvergé (33)
Séverine Tessier* (93), ancienne conseillère municipale de Clichy, candidate
EE
Marc Vasseur* (59), ancien conseiller municipal (1995-2008) à
Villeneuve-d'Ascq
* candidat(e) Europe Ecologie sur une liste régionale
http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/080310/voter-pour-changer-la-gauche#comments