Europe Ecologie lance sa campagne
Par Eric le lundi 18 janvier 2010, 23:26 - Actualité politique - Lien permanent
Europe Ecologie a réuni ses têtes d'affiche départementales autour
de ses leaders, samedi 16 janvier à Montreuil pour le lancement de sa campagne
des prochaines élections régionales (mars 2010). 1800 personnes sont venues
soutenir le mouvement des écologistes dans la ville de Dominique Voynet,
ancienne ministre de l'Écologie. Choses vues et entendues…

L'ambiance était chaleureuse et enthousiaste. Dans le fond de la scène, les
22 têtes de liste d'Europe Ecologie. A la tribune, une partie des ténors, dont
Cécile Duflot (ci-contre), la
secrétaire nationale des Verts, les eurodéputés
Daniel
Cohn-Bendit, José Bové et Eva Joly ou bien
Marie-Christine Blandin, ancienne présidente de la région Nord
- Pas-de-Calais et Dominique Voynet
(ci-dessous), sénatrice et maire de Montreuil. 
Pour débuter la réunion, Marie-Christine Blandin nous a rappelé son expérience à la présidence de la région Nord-Pas-de-Calais entre 1992 et 1998. Une période intense qui a conduit à un certain nombre de réalisations : le désamiantage, les éoliennes, les corridors écologiques, la cogénération, les comités d'usagers… Et la région n'a pas été ruinée, ni les impôts augmentés ! », a-t-elle précisé pour répondre aux âmes charitables de l'UMP. Lesquelles expliquent doctement que les solutions prônées par l'écologie politique pour répondre aux défis du réchauffement climatique et des inégalités sociales seront catastrophiques pour la santé économique de la France…
Trois heures de meeting ponctuées de tables-rondes avec quelques interventions remarquées :
• Stéphane
Gatignon a expliqué que l'écologie rimait avec justice sociale.
Ancien élu communiste, le maire de Sevran vient de rejoindre Europe Ecologie.
Il "se sent bien dans ce rassemblement qui mélange des gens très divers" et
explique que l'ambition de l'écologie politique est de faire avancer
conjointement la justice sociale et la sauvegarde de l'environnement.
sincérité des
Verts sur les problèmes de logement car "ce sont les seuls militants politiques
à se déplacer pour appuyer nos initiatives ou défendre nos revendications." A
ses yeux, il est très important de battre les socialistes au premier tour pour
viser la présidence de la région Ile-de-France au second, car "le PS n'a pas
démontrer sa détermination à vouloir concrètement changer les
choses."• François Dufour, l'un des "faucheurs volontaires", vice-présidents d’Attac France, qui a été porte-parole de la Confédération paysanne. Sous son impulsion, la Confédération paysanne s’est résolument engagée dans le mouvement social en menant des actions de revendications avec des associations telle que « Droits devant » ou « Droit au logement ! »
Et puis José Bové, un
ancien de la Confédération paysanne, lui aussi. Le "leader paysan" a
expliqué
qu'il ne fallait pas se tromper. Si Europe Ecologie fait entre 15% et 19% aux
régionales, "ce sera un succès. Même si nous ne gagnons pas de présidence de
région." "On n'est "pas une grenouille qui se prend pour un boeuf", a-t-il
ajouté. Quand on songe qu'à la présidentielle, Dominique Voynet a réalisé
un score de 1,57%, on ne peut qu'être d'accord avec ce recadrage.
Daniel
Cohn Bendit est également revenu sur les enjeux nationaux de ce
scrutin régional. Le premier d'entre eux est "la fin de l'hégémonie d'un parti
dans la gauche et le début d'un véritable partenariat de gestion les uns avec
les autres". Son souhait est de faire d'Europe Ecologie, "de manière
définitive, la troisième force politique au niveau national". En pleine forme,
Dany a annoncé qu'en 2012, il ne serait pas incongru de faire élire "entre 50
et 100 députés" écologistes à l'Assemblée nationale, contre trois actuellement.
Il est également revenu sur le fond politique. Plus les scores d'Europe
Ecologie seront bons et plus il sera possible "d'opposer à la gestion
individuelle, l'idée de la gestion collective". "Les régions doivent devenir un
contre-pouvoir social, écologique et culturel à la politique de
l'UMP au niveau national", a-t-il fait valoir.
Forte de son expérience ministérielle dans le gouvernement Jospin, Dominique Voynet,
sénatrice-maire de Montreuil, a précisé les choses par rapport au PS. "Nous ne
voulons plus jouer les seconds rôles, les forces d'appoint, les camarades
compréhensifs qu'on câline dans l'entre deux tours pour les négliger voire les
humilier pendant tout le reste du mandat". Elle aussi s'est cependant montrée
prudente. "Nous ne vendons pas la peau de l'ours, d'abord parce que nous ne
tuons pas les ours ! " 
Mais elle a ajouté : "ce que les écologistes font ensemble, c'est dans l'intérêt de toute la gauche, d'une dynamique qui va nous déborder tous d'ici 2012".
A voir l'enthousiasme des militants présents, ce premier
rendez-vous de campagne a été très réussi. On peut comprendre cet enthousiasme
d'ailleurs, pour une fois que nous jouons les premiers rôles, cela récompense
du temps passé à distribuer des tracts au petit matin, avant de prendre le RER
pour aller travailler. Le meeting a aussi suscité un bon nombre de
reportages et de
commentaires dans la presse. Plutôt favorables, et ça aussi c'est nouveau.
Et y compris dans les
blogs et les sites de partage de vidéos car les rédacteurs les plus
connus parmi ces derniers étaient invités au même titre que les porteurs de
carte de presse. J'ai personnellement un faible pour celui-ci.
Après nos résultats historiques aux dernières élections européennes (16,3%), nous pouvons viser 15% comme objectif raisonnable. Et peut-être la timbale, une présidence de région. Mais chut ! "Y penser toujours, ne l'avouer jamais"…