Crise financière : l'intervention de Dominique Voynet dans le débat parlementaire…
Par Eric le mardi 14 octobre 2008, 00:18 - Actualité politique - Lien permanent
Monsieur le Président, Madame la Ministre, Mesdames et
Messieurs,
D'autres l'ont dit avant moi, et ils ont eu raison. Il y a eu des signes avant-coureurs de la fragilité d'une économie financiarisée, opaque, où les profits de court terme l'emportent sur toute autre considération : la morale publique, le lien avec l'économie réelle, l'impact sur l'emploi, l'environnement, ou la santé. Ces signes ont été ignorés par le gouvernement, convaincu il y a encore quelques jours que la crise financière ne traverserait pas davantage l'Atlantique que le nuage de Tchernobyl les frontières nationales.
Aucune mesure préventive de régulation n'a été mise en place ? Il s'agit désormais, dans l'urgence, d'éviter l'écroulement général du système bancaire, la raréfaction du crédit, et l'effet domino sur des pans entiers de l'économie.
Au-delà, il faut admettre que la crise actuelle n'est pas un simple incident de parcours, qu'elle a, qu'elle aura des conséquences majeures.
Il serait incompréhensible de mobiliser toutes les énergies pour sauver les banques, si les responsabilités de ceux qui nous ont conduits au bord du désastre - les yeux fermés, mais les parachutes en or déployés - n'étaient pas établies. Pis : si c'est aux mêmes que devait être confié demain le soin de mettre en place des règles rigoureuses.
Il serait obscène, Madame la Ministre, de mobiliser l'essentiel des moyens dont vous disposez pour sauver les banques, si tout n'était pas fait par ailleurs pour soutenir les personnes les plus modestes, celles qui vivent déjà sous le seuil de pauvreté, celles qui, parce qu'elles travaillent dans un secteur exposé ou dans une petite entreprise fragilisée par le report des chantiers ou la rareté du crédit, risquent de perdre leur emploi,
Comment admettre, au moment même où on appelle l'Etat au secours, qu'on supprime massivement des postes de fonctionnaires ? Comment expliquer l'effondrement programmé du budget du logement social ? Et l'absence de moyens budgétaires permettant de concrétiser les engagements du Grenelle, et de réaliser les tramways, métros, bus, sans lesquels nous serons incapables de nous adapter à la nouvelle donne énergétique ?
Est-ce bien le moment de priver des villes pauvres des moyens qui permettent de limiter la casse ? Êtes-vous au courant, Madame la Ministre ? Il faudrait ne plus tenir compte du pourcentage de logements sociaux dans le calcul de la Dotation de Solidarité Urbaine ! Comme si les villes qui ont beaucoup de logements sociaux - pas 20 %, un chiffre qui continue à provoquer de l'urticaire chez certains d'entre vous, mais 30, 35, 40 % ou davantage… - n'avaient pas, autant que les autres, plus que les autres, besoin du soutien de l'Etat pour répondre aux attentes des populations qui les occupent !
Ma question est simple, Madame la Ministre, Le gouvernement ne considère-t-il ce court débat au Parlement, sans vote, que comme un mauvais moment à passer ? Ou envisage-t-il de prendre la mesure de la situation, et de revoir en profondeur le projet de loi de finances concocté dans la béatitude de l'été ?
Commentaires
Merci Eric pour avoir mis en ligne l'intervention de Dominique Voynet.
Je suis personnellement d'accord sur tout ce qu'elle a dit sans langue de bois !
Son intervention couvre de vastes pans des problèmes actuels.
Oui, il y avait des signes avant coureurs de ce qui allait se passer. Et ces signes, le gouvernement et les apôtres du tout libéral n'ont pas voulu les voir.
Oui nous allons entrer dans un autre monde et il va bien falloir penser et agir autrement, malgré tout le parcours difficile qui nous attend.
Nous avons commencé à nous y employer, à notre niveau. Il reste encore beaucoup à faire.
Et malgré tout , il faut tenter, essayer et y parvenir !
A suivre...
comment peut on imaginer que nos hommes politiques au pouvoir qui sont des libéraux top niveau pourront se remettre assez en cause pour proposer une régulation financière correcte !!!! moi j'y crois pas. il n'y aura que des demi mesures. je rappelle que la première action de notre président a été de passer quelques jours de vacances sur le yacht d'un milliardaire qui s'est enrichi par ces opérations financières.
et cerise sur le gateau : le grenelle de l'environnement va être enterré. nos députés UMP vont trouver plein de bonnes raisons.
bonjour à mes amis de rosny du belfortain de retour dans ses terres.
On parle beaucoup dans les textes que je viens de lire de budgets dépassés,de déficits,de ruiner le pays avec des frais pour les grandes tetes qui voyagent aux frais des français etc...Les gens les moins riches qui ont du mal à vivre vont payer la facture et réduisant de force leur petit train de vie.Celui qui a l'argent se fout pas mal des augmentations.Mais sachez que tout le monde en France s'est aperçu que depuis l'Euro des augmentations se sont fait jour dans de nombreux domaines mettant en péril les petites sociétés.Les voitures ne peuvent pas etre construites pour simplement etre mises en parking,sans ventes,pas de bénéfices et absence de paiement pour ceux qui y travaillent.Sachez par ailleurs les Unités qui tentent de lancer la voiture électrique rencontre beaucoup de difficultés et sont frappés eux aussi par la crise.Dans les élevages idem,les produits qui nourrissent les animaux arrivent à des prix qui font reculer les plus jeunes dans ces métiers.Le grand fautif de ces échecs,le crédiut et le manque de crédit.Voici un peu mon point de vue.Jean SEGARD de CALAIS.Village de Sangatte Les Réfugiés.Blog SEGARD SANGATT.Bien amicalement à tous.