Ecologie : les mauvaises leçons d’un néophyte
Par Eric le mercredi 19 décembre 2007, 23:16 - Polémiques - Lien permanent
Sous le titre « Laisse béton », Claude Schmierer, Adjoint au maire, délégué à l’Urbanisme et à l’intercommunalité de Rosny, tance son « estimée opposition municipale » dans le dernier numéro de Rosny Magazine. Accusés de manquer d’idées, les socialistes et les Verts sont présentés comme des gens de mauvaise foi qui critiquent « le bétonnage systématique du moindre espace libre de Rosny-sous-Bois ». Réponses argumentées…
Sous le titre « Laisse béton », Claude Schmierer, Adjoint au maire, délégué
à l’Urbanisme et à l’intercommunalité de Rosny, tance son « estimée opposition
municipale » dans le dernier numéro de Rosny Magazine (N°117, décembre
2007). Accusés de manquer d’idées, les socialistes et les Verts sont
présentés comme des gens de mauvaise foi qui critiquent « le bétonnage
systématique du moindre espace libre de Rosny-sous-Bois ». Or explique le maire
adjoint, « notre ville peut s’enorgueillir d’avoir trois fleurs au concours
national des villes fleuries (…), d’année en année depuis 2003 ».
On touche là à l’incompréhension totale de ce qu’est l’écologie et le
développement durable chez les gens de l’Uram (UMP et UDF). Pour
monsieur Schmierer, il suffit apparemment de faire pousser des fleurs pour
prétendre gérer une commune suivant les principes du développement durable. Il
est vrai que depuis que Nicolas Sarkozy se drape d’écologie en multipliant les
promesses (qui commencent à se révéler
fallacieuses) et que l’UMP se
convertit (très discrètement, il est vrai) au discours de Nicolas
Hulot, il y a de quoi en perdre son latin. Mais contrairement à ce que dit le
caricaturiste de l’Uram, il y a loin des fleurs à la préservation de
l’environnement.
Ferme pédagogique sans le soutien municipal
Soyons clair : les équipes du service des espaces verts de la mairie de
Rosny-sous-Bois sont à féliciter pour les résultats obtenus dans les parcs et
espaces fleuris de notre commune. Ainsi que pour leur initiative d’accueillir
quelques animaux dans les années 80, embryon de la « ferme
pédagogique » que nous connaissons aujourd’hui. C’est d’autant plus
louable que pendant des années, cette initiative n’était pas reconnue par
l’équipe municipale de Claude Pernès, ni soutenue
financièrement. Mais il faut dénoncer les simplifications abusives de
ceux qui souhaitent repeindre en vert leurs actions passées, sans
changer en quoi que ce soit leurs mauvaises habitudes. Car si le site de la
mairie de Rosny précise que l’usage des engrais est « raisonnable »,
il ne donne pas plus de précision. Où se place donc le raisonnable à Rosny ?
Pourquoi tant de discrétion alors que les mairies qui font l’effort d’adopter
des techniques soucieuses de l’environnement n’hésitent pas à donner des
explications claires. La ville d’Alançon
présente en détail ses méthodes pour réduire la fertilisation de ses parcs et
jardin au strict nécessaire. Plus proche de nous, le service des espaces verts
de Bondy n’utilise quant à lui quasiment plus d’insecticide : ces produits
chimiques sont remplacés par des…
coccinelles. Voilà des choix réellement significatifs en
faveur du développement durable. A Rosny, on en parle beaucoup, mais les
réalisations concrètes se font attendre.
D’ailleurs le site de Rosny fournit la preuve que l’équipe de Claude Pernès
communique beaucoup, mais agit peu pour améliorer notre environnement
quotidien. Le texte cité plus haut révèle ainsi que monsieur le maire « prépare
un règlement municipal pour limiter la prolifération des panneaux publicitaires
». Bravo, mais nous avons tout de même attendu 25 ans avant d’entendre
parler de limiter l’implantation des panneaux publicitaires sur Rosny.
Et par ailleurs, les promesses n’engageant que ceux qui les écoutent…
Construire ne suffit pas
Pour finir, on ne peut laisser passer l’affirmation de monsieur Schmierer qui
assure que la municipalité apporte « des solutions » à la crise du logement. «
A Rosny, affirme notre élu, nous essayons d’y faire face en réhabilitant
l’habitat vétuste et cela passe parfois par une densification contrôlée de
l’habitat ». Inutile de sursauter, Claude Schmierer explique sans rire que la
municipalité « réhabilite » l’habitat. Si les mots ont un sens, une
réhabilitation n’est pas une destruction
suivie d’une construction d’un bâtiment neuf. Or c’est pourtant la seule
méthode suivie par la municipalité ses dernières années. Elle sera encore
adoptée en 2008, pour raser les maisons situées derrière le
Trianon, le cinéma municipal. Certaines sont pourtant des
exemples remarquables d’architecture de banlieue qu’il serait souhaitable de «
réhabiliter ».
Pour autant, les Verts sont bien conscients de la nécessité de construire de
nouveaux immeubles près des lignes de chemin de fer et dans la proche banlieue,
afin de limiter l’usage de la voiture au strict nécessaire. Et en obligeant les
promoteurs à respecter des normes draconiennes pour limiter le
plus possible la consommation d’énergie, ce que ne fait pas l’actuelle
municipalité. Mais nous n’oublions pas que la crise du logement frappe
d’abord les ménages les plus en difficulté. Comment peut-on prétendre
« résoudre la crise du logement » en laissant les promoteurs construire des
résidences de stranding dont le prix à l’accession n’est pas à la portée de
ceux qui en ont le plus besoin ? Pour résoudre la crise du logement, il
faut construire des HLM. Et ne pas confier leur gestion à des organismes
privés, comme le fait l’équipe de l’Uram depuis des années… Avec le
résultat inévitable d’une augmentation régulière du montant des loyers et la
fuite de ceux qui ne peuvent payer sur d’autres communes plus accueillantes.
Décidément, monsieur Schmierer ne peut donner de leçon ni en
matière de respect de l’environnement, ni en matière de solution à la crise du
logement.
E.B.
Commentaires
meme si je partage cet aviss a 100pr100 je peux dire que c une bonne idee