De la qualité du débat politique à Rosny
Par Eric le samedi 15 décembre 2007, 19:28 - Polémiques - Lien permanent
Quelques réactions en réponse au texte de l’Uram, signé par Claude
Pernès,
dans Rosny Magazine de décembre 2007.
Les élections municipales approchant, Claude Pernès n’a laissé à personne le soin de polémiquer dans le n°117 de Rosny Magazine, avec les représentants de la section PS de Rosny. Au passage, les socialistes de Rosny sont les seuls membres de l’opposition municipale avec qui monsieur le maire daigne croiser le fer officiellement. Ni les Verts, ni le parti communiste n’ont l’honneur d’être pris à parti et invectivé. Car monsieur le maire invective ou tourne en ridicule, c’est sa manière de faire de la politique localement. Il suffit d’assister aux conseils municipaux pour s’en rendre compte. Cette fois-ci, les socialistes sont présentés comme des gens qui « s’amusent à affoler la population à coup de pétitions plus ou moins fondées. » Je laisse au PS le soin de se défendre, mais j’aimerais relever ici quelques incongruités et déformations de la réalité.
Le fait du prince
Monsieur le maire prend pour exemple son projet de fermeture de l’école
maternelle Niepce, située à la Boissière, en expliquant que le PS « s’était
précipité » pour faire signer une pétition aux parents d’élève l’an dernier. Il
est d’abord désagréable de voir les parents d’élève brossés comme des
pantins écervelés prêts à signer n’importe quoi. Mais il est surtout
surprenant de lire que cette opération était « une fusion de deux écoles
permettant de mutualiser les moyens pour créer un centre de loisirs pour les
enfants de La Boissière ». En réalité, la municipalité voulait regrouper tous
les enfants dans les locaux de l’école Dolet pour utiliser les locaux de
l’école Niepce afin d’y installer une ludothèque. Elle y a renoncé devant la
fureur des parents d’élève qui ne voyaient pas pourquoi leurs enfants seraient
entassés dans un bâtiment pour permettre au maire de réaliser quelques
économies sur des investissements inutiles. Inutiles en effet, car le quartier
de La Boissière bénéficie d’un magnifique centre socioculturel dans lequel
cette ludothèque aurait toute sa place. Mais cette histoire est révélatrice.
Les explications de Claude Pernès ne peuvent masquer qu’après 25 ans de règne,
sa méthode de gestion s’apparente toujours au fait du prince : je
décide seul dans mon coin et j’impose ma décision. Quitte à revenir en
arrière si les électeurs ne sont pas d’accord.
Mauvaise gestion des écoles
Il y aurait également beaucoup à dire sur la gestion des locaux scolaires par
la municipalité UMP/UDF réunie au sein de l’URAM. Malgré les panneaux
d’information installés aux portes des écoles, sur lesquels sont décrits les
menus travaux effectués pendant l’été, l’état de nos établissements scolaires
est lamentable. Est-ce la raison pour laquelle de nombreux parents envoient
leurs enfants dans des écoles privées situées à Villemomble ou à Montreuil ?
Toujours est-il que le nombre d’enfants scolarisés à Blanche de Castille
(Villemomble) et à Henri Matisse (Montreuil) est si important, que la
municipalité est obligée de verser une subvention à ces établissements.
Henri Matisse recevra 12 188 euros pour l’accueil de 65 petits
rosnéens durant l’année 2007-08. Des subventions versées chaque année qui
expliquent en partie que l’argent manque pour réhabiliter certains bâtiments
scolaires dont les fenêtres rouillées laissent encore passer la chaleur en
hiver. A la rentrée 2002, les parents d’élève de l’école Mermoz ont été obligés
de lancer une pétition
(sans l’aide de personne) pour obtenir des réparations urgentes qui ne venaient
jamais. Mais c’est une reconstruction totale du bâtiment qui serait
nécessaire.
La destruction du Trianon
Autre fable que recèle le texte de Claude Pernès : celle de la « réhabilitation
du Trianon ». En réalité, le projet initial prévoyait bien une destruction
contre laquelle les Verts de Rosny se sont mobilisés autant sinon plus que les
socialistes. « L’ambitieux projet de réhabilitation » vanté par Claude Pernès,
qui reprend ce terme d’ailleurs quelques lignes plus loin pour parler d’un «
ambitieux projet de salle polyvalente qui doit succéder à ce
bâtiment… » a bien été imposé par les quelques 2000 signatures de rosnéens
exigeant la conservation du Trianon. Au passage, notons qu’à force de mettre
son « ambition » en avant, monsieur le maire se prend les pieds dans le
tapis. Parler de « réhabilitation », puis quelques lignes plus tard de
« succession » d’un bâtiment par un autre, montre bien que le projet n’était
pas clair et a été modifié en cours de route. Car rien n’était prévu dans le
projet initial. Pas plus de réhabilitation que de construction d’une salle dans
un immeuble d’habitation. C’est l’action militante de l’opposition qui a obligé
monsieur Pernès à revoir sa copie et à admettre que de nombreux rosnéens
souhaitaient garder un cinéma de proximité, leur permettant d’éviter de prendre
leur voiture pour se rendre au multiplexe de Rosny II.
La culture, parent pauvre de la politique municipale
La culture n’est pas le fort de Claude Pernès. Il préfère accueillir le « salon
des vins et produits gourmands » dans sa mairie, plutôt que de proposer des
activités culturelles à ses administrés. A quoi sert une salle polyvalente
capable d’accueillir des séances de cinéma, du théâtre ou des concerts quand la
municipalité est incapable de garder une troupe de théâtre comme celle de
William Mesguich (le Théâtre de l’Etreinte)
?
Depuis 25 ans. le Trianon a été laissé à l’abandon, sans aucun
investissement pour le réhabiliter, ni budget pour proposer une programmation
ambitieuse. Symbole de ce désintérêt pour la culture, le délabrement de la
salle Georges Simenon, fermée depuis plus d’un an pour non respect des normes
de sécurité. De toute évidence, Jean-Paul Fauconnet, l’adjoint au maire,
délégué aux affaires culturelles, a toutes les peines du monde à défendre son
budget face à Claude Pernès. Espérons que MusicOparc ne connaîtra pas le même
sort que la Compagnie de William Mesguich.
Mais malgré ces résultats peu glorieux, monsieur le maire n’admettra jamais ses
erreurs et préfère se moquer de « la mauvaise foi » de « monsieur Vachieri et
de ses amis ». Car lorsque Claude Pernès polémique avec son opposition, il ne
défend pas ses choix de gestion. Mieux, lui qui a changé plusieurs fois de
couleur politique tout au long de sa carrière, passant du parti Radical à
Démocratie Libérale en 1998, puis à l’UDF en 2002, dénie toute réflexion
politique à ses adversaires. Monsieur le maire attaque les hommes et
les femmes qui lui font face. Il préfère se gausser comme un enfant
d’école maternelle peut se moquer de ses petits camarades quelquefois, pour le
plaisir de se sentir supérieur…
Un manque de démocratie
Cette attitude lui permet de cacher le manque de réflexion collective qui
caractérise son mode de gestion. L’exemple de la piste de karting révélée par
le Parisien il y a quelques semaines est symptomatique. Sans prendre la peine
d’évoquer le projet en conseil municipal, ni d’organiser une consultation des
rosnéens sur le sujet, Claude Pernès confie à une journaliste l’idée qu’une
piste de Karting pourrait être aménagée derrière Domus, le
centre commercial dédié à la maison. Non content d’avoir bétonné une des
dernières zones humides de l'est parisien pour permettre l’érection d’un
paquebot de la consommation attirant dans notre commune des milliers de
voitures chaque semaine et engendrant bruit et pollution supplémentaire, notre
édile veut offrir à l’Association sportive de Karting (ASK),
pourtant basée à Montreuil, un lieu pour abriter son activité. Au risque
d’en faire un gouffre financier, comme le golfe de Nanteuil
depuis des années. Pas de problème pour Claude Pernès, il gouverne seul et ne
s’attarde pas à interroger ses concitoyens sur l’utilité d’un projet décidé
dans le secret de son bureau. D’où sa fureur sans doute, à voir que
l’opposition fait son boulot… qu’elle s’oppose en faisant signer une pétition.
Et il accuse… « Après avoir atteint un tel niveau de mauvaise foi, il ne
reste à M Vachieri et à ses amis qu’à faire circuler une pétition pour le
retour du beau temps et à s’en attribuer le mérite au changement de saison
», ironise-t-il.
Ironie, déformation de la réalité, moquerie grossière, le panel d’expression de
Claude Pernès en politique semble extrêmement limité. Et cela fait 25 ans que
cela dure… Mais puisqu’il parle du retour du beau temps, pourquoi
n’avancerait-on pas la date du printemps en 2008 ? Les 9 et 16 mars
prochains, nous pourrions faire comprendre à Claude Pernès que ses mauvaises
manières n’ont plus cours. Et que la commune a besoin d’un projet
alternatif et innovant. A bon entendeur… E.B
Commentaires
j'approuve en tout point ton billet d'humeur : étant lectrice du Rosny magazine, je suis consternée en lisant la rubrique de l'Uram qui ne fait que provoquer et enfoncer l'opposition et toujours de façon grotesque voire grossière, alors que cette page devrait être beaucoup plus constructive. malheureusement il est plus facile de "taper" sur son voisin!!!!. Cette page de l'Uram ne m'apporte rien et ne participe en rien au débat d'idées
que j'attends d'une municipalité.